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Vente totale ou vente du surplus en Guadeloupe : quel contrat EDF choisir en 2026

Sun Voltaïk Energy · Septembre 2026 · 12 min de lecture

« Est-ce que je revends tout à EDF, ou est-ce que je garde l'électricité pour moi ? » C'est souvent la première question que posent les propriétaires guadeloupéens au moment de signer. Elle est légitime : le choix engage un contrat de vingt ans, et les deux formules affichent des chiffres qui ne se comparent pas directement.

La réponse tient en une comparaison. La vente du surplus rapporte davantage dès que le kilowattheure acheté au réseau vous coûte plus cher qu'un seuil calculable, situé entre 22 et 27 centimes selon votre consommation de jour. Cet article donne les tarifs officiels du trimestre, le calcul du seuil pour une maison type, et les règles du contrat qui pèsent sur la décision.

Deux contrats d'achat existent, et ils ne rémunèrent pas la même chose

En Guadeloupe, une installation photovoltaïque raccordée au réseau peut vendre toute sa production à EDF, ou consommer d'abord ce qu'elle produit et vendre seulement l'excédent. Ces deux régimes relèvent de l'obligation d'achat, fixée pour les zones non interconnectées par l'arrêté du 5 janvier 2024.

Dans la vente totale, chaque kilowattheure produit part sur le réseau et vous est payé au tarif du contrat. Votre maison continue d'acheter toute son électricité à EDF, exactement comme avant, et les deux flux sont comptés séparément.

Dans la vente du surplus, la production alimente d'abord vos appareils. Seul ce que la maison ne consomme pas au même instant repart vers le réseau, payé à un tarif plus bas. En contrepartie, ce régime ouvre droit à une prime à l'investissement versée en une fois.

Le cœur de la décision est donc simple : un kilowattheure que vous consommez vous évite un achat, un kilowattheure que vous vendez vous rapporte un tarif. Le meilleur contrat est celui où ces deux valeurs, additionnées sur vingt ans, pèsent le plus lourd.

EDF Guadeloupe joue les deux rôles dans ce dispositif, gestionnaire du réseau et acheteur de l'électricité. C'est auprès d'elle que se dépose la demande de raccordement, qui vaut aussi demande de contrat d'achat.

La vente totale est payée 25,20 centimes par kilowattheure jusqu'à 9 kilowatts-crête

Du 1er août au 31 octobre 2026, la vente totale est rémunérée 29,58 centimes d'euro hors taxes par kilowattheure jusqu'à 3 kilowatts-crête, et 25,20 centimes jusqu'à 9 kilowatts-crête. Ces montants sont publiés chaque trimestre par la Commission de régulation de l'énergie.

Puissance installéeVente totaleVente du surplusPrime à l'investissement
Jusqu'à 3 kWc29,58 c€/kWh18,22 c€/kWh1,80 €/Wc
Jusqu'à 9 kWc25,20 c€/kWh18,22 c€/kWh1,09 €/Wc
Jusqu'à 36 kWc18,00 c€/kWh7,19 c€/kWh0,82 €/Wc
Jusqu'à 100 kWc15,65 c€/kWh7,19 c€/kWh0,56 €/Wc

Ces tarifs sont d'une grande stabilité. Sur les sept derniers trimestres, le tarif de vente totale jusqu'à 9 kilowatts-crête n'a jamais quitté la fourchette de 25,19 à 25,78 centimes. Un projet décidé à l'automne ne joue donc pas sa rentabilité sur le calendrier.

La vente totale a un avantage que les chiffres ne montrent pas : elle ne dépend d'aucun comportement. La maison peut être vide la journée, climatisée le soir ou fermée pendant les vacances, le revenu reste le même à production égale.

Son défaut est symétrique. En vente totale, votre facture d'électricité ne baisse pas d'un centime, puisque vous rachetez au réseau tout ce que vous consommez. Le gain prend la forme d'un revenu, jamais d'une économie.

La vente du surplus additionne trois sources de valeur

Un contrat de vente du surplus rapporte à la fois une prime à l'investissement, un tarif sur l'excédent injecté, et surtout les achats d'électricité que la maison n'a plus à faire. C'est cette troisième source, invisible sur le contrat, qui décide presque toujours du calcul.

La prime se calcule sur la puissance installée. Pour une maison de 6 kilowatts-crête, elle atteint 6 540 euros au barème du trimestre, soit 1,09 euro par watt-crête. Son fonctionnement détaillé fait l'objet de l'article consacré à la prime à l'autoconsommation en Guadeloupe.

Le surplus injecté est payé 18,22 centimes par kilowattheure jusqu'à 9 kilowatts-crête, soit environ sept centimes de moins que la vente totale. C'est l'écart que la prime et l'autoconsommation doivent compenser pour que le surplus l'emporte.

Reste la valeur de l'autoconsommation. Chaque kilowattheure consommé directement vaut exactement le prix que vous l'auriez payé à EDF, abonnement exclu. Ce prix figure sur votre facture, et c'est le seul chiffre du calcul qui vous est propre.

Les trois montants ne tombent pas au même moment. La prime arrive une fois, dans la première année. Le tarif de surplus et les économies s'étalent sur la durée du contrat, ce qui rend la comparaison sur vingt ans plus juste qu'une comparaison sur une seule année.

Le prix de votre kilowattheure décide du meilleur contrat

Il existe un prix d'électricité au-delà duquel la vente du surplus devient plus rentable que la vente totale, et ce seuil se calcule avec les seuls tarifs officiels. Il suffit ensuite de le comparer au prix du kilowattheure inscrit sur votre facture.

Prenons une maison équipée de 6 kilowatts-crête. Sur une base prudente de 1 250 kilowattheures par kilowatt-crête et par an, elle produit environ 7 500 kilowattheures par an. Le détail de ce productible est expliqué dans l'article sur la production des panneaux solaires en Guadeloupe.

En vente totale, ces 7 500 kilowattheures rapportent 1 890 euros par an, soit 37 800 euros sur les vingt ans du contrat, hors indexation. C'est la référence que la vente du surplus doit dépasser.

En vente du surplus, supposons que la maison consomme la moitié de sa production au moment où elle est produite. Elle perçoit la prime de 6 540 euros, puis 683 euros par an sur les 3 750 kilowattheures injectés, soit 20 205 euros sur vingt ans.

L'écart avec la vente totale est alors de 17 595 euros. Il doit être comblé par les 75 000 kilowattheures consommés sur vingt ans. La division donne le seuil : 23,5 centimes par kilowattheure. Si votre électricité vous coûte davantage, le surplus gagne.

Le seuil varie de 22 à 27 centimes selon la part consommée sur place

Plus une maison consomme sa production au moment où elle est produite, plus le seuil baisse, et plus la vente du surplus devient avantageuse. Le même calcul, répété pour trois profils, donne les valeurs suivantes pour une installation de 6 kilowatts-crête.

Part de la production consommée sur placeTotal perçu en surplus sur 20 ansSeuil au-delà duquel le surplus l'emporte
30 %25 671 €27,0 centimes par kWh
50 %20 205 €23,5 centimes par kWh
70 %14 739 €22,0 centimes par kWh

La lecture est directe. Un foyer présent la journée, qui fait tourner climatisation et électroménager en plein soleil, franchit le seuil bien plus facilement qu'un foyer absent de huit heures à dix-huit heures, dont la production part presque entière sur le réseau.

Le tableau ne tient pas compte de l'indexation annuelle du tarif d'achat, ni de l'évolution du prix de l'électricité au détail. Une hausse future du prix du kilowattheure favorise mécaniquement la vente du surplus, puisque chaque kilowattheure autoconsommé vaut alors davantage.

Pour une installation de 9 kilowatts-crête, les seuils restent identiques à ceux d'une installation de 6 kilowatts-crête. Le tarif et le barème de la prime sont les mêmes dans cette tranche, et les montants évoluent en proportion de la production.

Les petites installations penchent davantage vers la vente totale

Jusqu'à 3 kilowatts-crête, la vente totale est payée 29,58 centimes, ce qui relève nettement le seuil à franchir pour la vente du surplus. Pour une petite installation, le calcul mérite donc d'être refait plutôt que transposé.

Une installation de 3 kilowatts-crête produit environ 3 750 kilowattheures par an. En vente totale, elle rapporte 1 109 euros par an, soit 22 185 euros sur vingt ans. En vente du surplus, la prime atteint 5 400 euros, au barème de 1,80 euro par watt-crête.

À la moitié de la production consommée sur place, le seuil monte à 26,5 centimes par kilowattheure, contre 23,5 centimes pour 6 kilowatts-crête. Avec seulement 30 % d'autoconsommation, il dépasse 32 centimes, un niveau que peu de factures atteignent.

La conclusion est pratique. Une petite installation posée sur une maison vide en journée gagne souvent à vendre toute sa production, alors qu'une installation plus puissante sur un foyer présent penche vers le surplus.

La part consommée sur place dépend de vos horaires, pas de votre toiture

Le taux d'autoconsommation mesure la part de la production utilisée à l'instant même où elle est produite, et il dépend d'abord de l'occupation du logement entre neuf heures et seize heures. Deux maisons identiques sous le même soleil peuvent afficher des taux très différents.

Les usages décalables sont le premier levier. Programmer le lave-linge, le lave-vaisselle ou le chauffe-eau électrique en milieu de journée fait basculer de la consommation du soir vers les heures de production, sans aucun investissement.

La climatisation joue un rôle particulier sous les tropiques. Ses besoins culminent précisément aux heures les plus ensoleillées, ce qui en fait le meilleur allié de l'autoconsommation dès lors qu'elle fonctionne la journée.

La batterie est le levier le plus puissant, puisqu'elle stocke le surplus de l'après-midi pour la soirée. Une batterie n'a de sens qu'en vente du surplus : en vente totale, aucun kilowattheure produit ne reste dans la maison. Les critères de choix figurent dans l'article sur la batterie solaire en climat tropical.

Pour estimer votre propre taux, le plus fiable reste votre historique de consommation heure par heure, lorsque votre compteur permet de l'obtenir auprès d'EDF, croisé avec la courbe de production d'une toiture guadeloupéenne.

Le tarif est figé à la date de la demande complète de raccordement

Le tarif d'achat et la prime retenus sont ceux du trimestre au cours duquel la demande complète de raccordement est déposée auprès d'EDF Guadeloupe. Ils s'appliquent ensuite pendant toute la durée du contrat, avec une indexation annuelle.

La durée du contrat est de vingt ans, à condition que l'installation soit achevée moins de vingt-quatre mois après la demande complète de raccordement. Ce délai laisse une marge confortable à une maison individuelle, mais il suppose un dossier déposé complet.

Le mot « complète » compte. Une demande à laquelle il manque une pièce ne fixe aucun tarif tant qu'elle n'est pas régularisée, ce qui peut faire glisser le projet d'un trimestre à l'autre.

La prochaine grille s'appliquera à partir du 1er novembre 2026. Au vu des sept derniers trimestres, un changement de trimestre ne déplace le tarif que de quelques dixièmes de centime au plus, mais un dossier complet déposé avant le 31 octobre verrouille les montants présentés dans cet article.

Trois règles du contrat modifient le calcul à la marge

L'énergie achetée chaque année est plafonnée à 1 600 heures de fonctionnement multipliées par la puissance installée, au-delà desquelles le kilowattheure est payé 5 centimes. Pour 6 kilowatts-crête, le plafond est de 9 600 kilowattheures, au-dessus de la production d'une toiture bien exposée.

La prime à l'investissement est versée en intégralité à la première échéance de facturation, six mois ou un an après la mise en service selon la fréquence retenue par l'acheteur. Son montant est hors du champ de la TVA.

Le choix n'est pas irréversible. Le contrat autorise à passer de la vente totale à la vente du surplus, et inversement, dans les conditions prévues par l'arrêté. Le changement suppose de contacter EDF Guadeloupe, qui peut exiger une modification du raccordement.

Enfin, la puissance retenue pour appliquer les tranches est la somme de l'installation et des autres installations du même site. Découper un projet en plusieurs petites installations pour obtenir un meilleur tarif ne fonctionne donc pas.

Face aux coupures, aucun des deux contrats ne suffit sans batterie

Qu'elle vende tout ou seulement son surplus, une installation raccordée au réseau s'arrête automatiquement pendant une coupure d'électricité, pour protéger les techniciens qui interviennent sur les lignes. Le contrat ne change rien à ce comportement.

Seule une installation en vente du surplus équipée d'une batterie et d'un onduleur capable de fonctionner en secours peut continuer d'alimenter la maison. C'est un argument supplémentaire en faveur du surplus pour les foyers qui redoutent les délestages, détaillé dans l'article sur les coupures d'électricité en Guadeloupe.

Ce point doit peser dans la décision au même titre que le calcul. Un écart de quelques centaines d'euros sur vingt ans compte moins, pour certains foyers, qu'une maison qui reste alimentée pendant un délestage.

Ce que nous regardons avant de conseiller un contrat

Nous partons toujours de votre facture et de vos horaires, jamais d'un contrat par défaut. Le prix de votre kilowattheure et votre présence en journée suffisent à situer votre foyer par rapport au seuil, avant même de parler de matériel.

Nous dimensionnons ensuite l'installation sur la base prudente de 1 250 kilowattheures par kilowatt-crête et par an, puis nous comparons les deux contrats sur vingt ans avec vos propres chiffres. Le calcul présenté plus haut est exactement celui que nous refaisons pour chaque projet.

Lorsque le foyer est présent la journée ou souhaite rester alimenté pendant les coupures, nous recommandons le plus souvent la vente du surplus avec batterie. Pour une petite puissance sur une maison vide en journée, la vente totale reste une réponse honnête, et nous la proposons comme telle.

Dans les deux cas, nous prenons en charge la demande complète de raccordement auprès d'EDF Guadeloupe, parce que c'est elle qui fixe le tarif pour vingt ans. Les autres dispositifs cumulables sont présentés dans l'article sur les aides aux panneaux solaires en Guadeloupe.

Questions fréquentes sur la vente totale et la vente du surplus en Guadeloupe

Quel est le tarif de rachat du surplus en Guadeloupe en 2026 ?

Du 1er août au 31 octobre 2026, le surplus est racheté 18,22 centimes hors taxes par kilowattheure jusqu'à 9 kilowatts-crête, et 7,19 centimes jusqu'à 100 kilowatts-crête. La vente totale est payée 25,20 centimes jusqu'à 9 kilowatts-crête.

Peut-on changer de contrat après la mise en service ?

Oui, l'arrêté du 5 janvier 2024 permet de passer de la vente totale à la vente du surplus, et inversement, pendant la durée du contrat. Il faut en faire la demande à EDF Guadeloupe, qui peut imposer une modification du raccordement.

Quel tarif s'applique si le dossier est déposé en novembre ?

C'est le tarif du trimestre en cours à la date de la demande complète de raccordement qui s'applique, puis il reste acquis pour vingt ans. Un dossier complet déposé en novembre relève de la grille publiée par la Commission de régulation de l'énergie à partir du 1er novembre 2026.

Quand la prime à l'investissement est-elle versée ?

La prime est versée en une seule fois, à la première échéance de facturation, six mois ou un an après la mise en service. Elle n'existe qu'en vente du surplus et représente 6 540 euros pour 6 kilowatts-crête au barème du trimestre.

Une batterie est-elle compatible avec la vente totale ?

Non, une batterie n'a d'utilité qu'en vente du surplus, puisqu'en vente totale toute la production part sur le réseau. Elle sert alors à consommer le soir l'énergie produite l'après-midi, et à alimenter la maison pendant une coupure si l'onduleur le permet.

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Sources : Commission de régulation de l'énergie, données ouvertes des tarifs d'achat et primes pour la Guadeloupe, reprises par le centre de ressources photovoltaique.info (page mise à jour le 4 août 2026), trimestre du 1er août au 31 octobre 2026 et historique depuis février 2025 · Arrêté tarifaire du 5 janvier 2024 dit « S24 », applicable aux zones non interconnectées : date de la demande complète de raccordement, contrat de vingt ans, achèvement sous vingt-quatre mois, plafond de 1 600 heures, versement de la prime, changement de mode de vente, règle de puissance cumulée · Base de dimensionnement Sun Voltaïk Energy de 1 250 kilowattheures par kilowatt-crête et par an. Calculs sur vingt ans hors indexation, hors fiscalité et hors coût de raccordement. Données vérifiées le 30 septembre 2026.